Un curé qui voyait loin! 

Laurent Cassegrain, contemporain de Newton
Vers 1629 - 1693

Le 25 avril 1672, un certain M. de Bercé faisait par le "journal des Sçavans" qui était à l'époque l'organe de l'académie des sciences récemment créée par LouisXIV, deux comunications. Il transmettait tout d'abors une lettre écrite de Chartres par un dénommé Cassegrain qui donnait
les proportions de "trompettes à parler de loin" qu'il avait calculées.

Et M. de Bercé ne pouvait s'empêcher de mentionner aussi que le même Cassegrain lui avait fait parvenir quelques mois auparavant le schéma d'un télescope, et de faire savoir qu'il trouvait le
projet de Cassegrain beaucoup plus spirituel que celui que Newton venait de publier.

Le " Cassegrain " c'est le télescope Cassegrain, Combinaison d'un grand miroir primaire parabolique concave troué en son milieu, et d'un petit miroir secondaire hyperbolique convexe. Chez les astronomes amateurs, c'est la combinaison la plus utilisée de nos jours.

Ce sont de nombreuses archives patiemment consultées par Mme Françoise Launay, ingénieur au CNRS, qui ont permis de découvrir qui se cachait derrière ce patronyme.

Prêtre et Professeur :

La lecture de centaines d'actes de baptêmes, de mariage, de décès, a fait revivre ce Laurent Cassegrain, prêtre et professeur au collège Pocquet de Chartres. Le livre de l'abbé Beauhaire, du XIX siècle recense tous les ecclésiastiques du diocèse et mentionne un certain Laurent Cassegrain curé de Chaudon de 1685 à 1693. La confrontation des signatures du professeur du collège Pocquet et du curé de Chaudon, a autorisé à penser que c'était le même homme.

Le 8 novembre 1685, soit huit jours avant la révocation de l’Edit de Nantes ; premier acte signé par Laurent Cassegrain dans les registres paroissiaux de Chaudon. Laurent Cassegrain remplace le curé Esme d’Orange qui sera nommé chapelain de la Cathédrale de Chartres en 1686.

Issu d'une famille de maîtres-chirurgiens, on ne sait pas où Laurent Cassegrain a fait ses études, mais il était déjà prêtre et professeur en 1654. Physicien, il s'intéressait à l'acoustique, à l'optique  
et à la mécanique, ses lettres en attestent. Huit jours avant la révocation de l'édit de Nantes, Laurent Cassegrain signait son premier acte dans les registres de la paroisse de Chaudon
dont il restera le curé jusqu'à sa mort le 1 septembre 1693.


Signature de Laurent Cassegrain
Registre paroissial de Chaudon 1686

Acte de décès de Laurent Cassegrain
Régistre paroissial de Chaudon 1693


Extrait des Archives départementales :

Le 2ème jour de septembre, a été inhumé dans le cimetière
de cette paroisse maître Laurent Cassegrain curé de cette paroisse, âgé d’environ 65 ans. En présence de maîtres Jean de Buisson, curé d’Ecluzelles, et Joachim Cernelles curé de Cherpon